Joseph Kabila a prêté serment le mardi 20 décembre 2011 dans un isolement diplomatique presque total. Plusieurs capitales du monde ont émis des réserves quant à la manière dont il a été élu. De l’intérieur, les partis politiques de l’opposition et une bonne frange de la population congolaise ne se reconnaissent pas dans les résultats rendus publics par Ngoyi Mulunda et sa CENI et confirmés plus tard par la Cour Suprême de Justice.Pour sa part, Etienne Tshisekedi se considère aussi comme président élu et promet de prêter aussi son serment devant le peuple congolais.
Il y a là, comme deux prétendants à un seul siège. Une situation confuse.
Mais à l’heure actuelle, les analystes sont formels et estiment que la situation est pratiquement bloquée car aucun des deux antagonistes (Kabila et Tshisekedi) ne pourra diriger le pays dans la sérénité.
Kabila a un sérieux problème au sein de la population congolaise dans sa majorité. Il ne pourra pas diriger le pays et s’il fait un forcing et bien la partition sera consommée. Pour preuve, tous les chefs des milices dans l’Est de la RD Congo sont aux aguets et prêts à déclencher les hostilités contre le régime actuel qualifié de valet des voisins rwandais et ougandais.
La situation reste extrêmement tendue pour que la communauté internationale laisse Kabila aux commandes car tout peu basculer vers un chaos indescriptible. Cette communauté internationale ne pourrait avaliser ce chaos même si elle préfère un Kabila docile et manipulable pour ses intérêts à un Tshisekedi imprévisible.
Tshisekedi n’est pas un diplomate mais un opposant brut, disent les analystes. C’est quelqu’un d’âgé, imbu de lui-même, qui rêve de devenir le Moïse congolais envoyé pour sortir le peuple du gouffre. Aucun président africain ne le supporte. Il a dû quitter précipitamment l’Afrique du Sud car le régime Zuma ne supportait plus ses prises de position. Ayant été un farouche opposant aux régimes dictatoriaux de Mobutu et Kabila, la population congolaise pense qu’il est le seul capable de sortir la RDC de cette situation de misère qui perdurent plus de 40 ans. Son nationalisme outrancier le met en porte à faux avec les chefs d’Etat des pays voisins qui souhaitent voir un régime faible en RD Congo afin que leurs pays continuent de profiter des richesses de ce géant aux pieds d’argile. De l’avis de plusieurs analystes, aucun président africain ne veut l’avoir comme collègue. En Occident, il est également non partant car peu conciliant.
La RDC se trouve donc dans une situation très complexe avec d’une part un Joseph Kabila de moins en moins populaire à l’intérieur du pays et un Etienne Tshisekedi mal aimé des lobbies internationaux.
L’Occident, même plus ou moins favorable à Joseph Kabila, ne peut pas s’hasarder à aller à contre courant de l’opinion publique interne de la RDC plus ou moins hostile au « fils de Laurent Désiré Kabila ». Aussi, Tshisekedi ne rassure pas encore.
Devant ce tableau, il faudra compter avec le temps et le cours des choses sur terrain.
Ni Kabila, ni Tshisekedi, c’est l’une des hypothèses qui pourrait être envisagée en vue de préserver la RDC d’autres dérapages. Il est presque établi que nombre des Congolais souhaitent une alternative politique. C'est-à-dire le départ de Joseph Kabila de la présidence de la République. Dès lors, il est possible de jouer pour contenter, tant soit peu, la population congolaise en empêchant à Joseph Kabila d’exercer sans nécessairement le faire succéder par Tshisekedi. Reste à voir comment la population va se comporter dans les trois mois qui suivent ces élections contestées. Si Joseph Kabila arrive à maitriser la situation sur terrain, il n’est pas exclu qu’on le laisse exercer, le temps d’arriver à organiser d’autres élections qui finalement le bouteront dehors. Un temps de sursis de quelques mois, seul, permettrait de définir l’orientation à prendre pour résoudre la crise politique en RDC.
Il y aurait des tractations en cours pour mettre en place une 3è voie permettant d’éliminer Kabila et Tshisekedi, lesquels ne pourront jamais cohabiter comme au Kenya. Cette 3è voie est souhaitée par une bonne frange de la société civile, l'Eglise aussi. Un coup de force pour faire partir Kabila présenterait des risques d’implosion sociale avec des conséquences collatérales selon certains analystes. Il vaut mieux, par une pression internationale, écarter les deux antagonistes en proposant une troisième personne qui mettrait en place un gouvernement d’union nationale devant préparer des nouvelles élections libres et transparentes. Ainsi le président intérimaire ne pourra pas poser sa candidature afin d’éviter toute fraude possible.
L'avenir proche sera riche en rebondissements.
Joska Kaninda Nkole
1. 29/12/2011
Qu'on le veule ou pas, une 3e voie s'impose. De ce silence, je crois sentir les relents d'un un coup d'Etat militaire de J. Kabila contre lui-même, au regard de l’ampleur de la crise politique et du dispositif important sécuritaire dont il dispose actuellement. Personne n'en parle, on pense que ce n'est plus possible ni acceptable à ces jours-ci, mais moi je pense que cela n'est pas à écarter. Eh bien, si pour Kabila toutes les issues sont bloquées, il pourrait éventuellement y recourir. La Zambie est loin de nous inspirer tous. "Un autre Congo est possible", gardons l'espoir.
2. 25/12/2011
Le lobbyiste internationale habitué à piller les richesses des pays sous développés ne supporte pas Etienne Tshisekedi, mais pourquoi?
S'il vient en RDC avec les machines nécessaires pour construire ensemble ce pays5EDEN) que Dieu a crée d'abord pour le peuple Congolais, ensuite pour leurs amis qui négocieront des bons contrats gagnant gagnant, les choses iront mieux, et les parties seront contentes. Cette fois-ci le peuple congolais qui ont tant souffert ne se laisseront plus abuser. Nous sommes aujourd'hui à l'extérieur du pays, gare à ceux qui ne voient pas le changement de temps, la lutte du peuple Congo est au sein même des pays des lobbyistes économiques prédatrices. Nous leur ferons la guerre ici à l'intérieur de leur pays. Ils sont avertis.
3. 22/12/2011
dans tout ça ils veulent nous amener ou? nous avons besoins du calme en rdc nous la population.merçi
4. 22/12/2011
Voici une analyse qui ne tire que sélectivement les enseignements de notre histoire, y compris celle récente de la CNS, des années LDK, ainsi que du régime de 1+4.
1. Une troisième voie est la déclaration de l'échec de toute l'histoire du Congo, et surtout de ce qui a été construit depuis 2006.
2. De manière systématique, les 3è voies ont toujours échoué :
- les commissaires généraux en 1960 sont partis en laissant le pays instable. Ileo en 1960 n'a même pas gouverné.
- Adoula de 61 à 64 n'a vécu qu'avec des problèmes insolubles.
- Tshombé a failli faire une exception en 1964 en amenant le pays aux élections; mais comme il ne plaisait plus, on est passé en force par le coup d'état.
- Mobutu issu d'un coup d'état fut une 3è voie imposée pdt 32 ans. Cela a fini par une implosion du système.
- Kengo est la seule 3è voie reconnue par les politologues. Il n'était pourtant pas le bénéficiaire de cette solution déstabilisante. Mais ce fut Mobutu le bénéficiaire.
- LDK fut aussi une 3è voie imposée. Il fut suivi de Joka et du 1+4 comme intermèdes imposées.
- Même les élections de 2006 peuvent être considérées sur le plan politique comme une 3è voie, car ayant été organisées sans la participation d'une partie de la classe politique.
3. Alors une autre 3è voie pourquoi faire ?
4. C'est pourquoi l'enquête ci contre est biaisée parce que ne reprenant pas l'option qui consiste à corriger les irrégularités des élections, en ce compris les irrégularités statistiques telles que les doublons et tous les chiffres aberrants de la CENI.
5. 22/12/2011
pour mieux fixer la population dans ce pays beau et riche, qui merite le pouvoir?quand est-ce que le calme regnera en rdc?
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