C’est finalement le mercredi 18/04 que le président Kabila a révélé le nom de son premier ministre qui devra former le gouvernement après des élections contestées par beaucoup de congolais. A l’annonce de la nomination de M. Matata Ponyo, plusieurs commentaires ont été portés sur ce rescapé d’un rodéo funeste qui s’était terminé dans un ravin à l’aéroport de Kavumu près de la ville de Bukavu.
Comme dans pareils cas, des commentaires ont fusé de partout pour encenser ce kabiliste en des termes flatteurs : " Un technocrate qui a fait ses preuves. Il a une certaine rigueur et certainement que tous les ministres vont lui obéir. Déjà à voir ce qu’il vient de faire au ministère des Finances, après avoir redressé les finances publiques, on peut lui faire confiance. Un grand travailleur, un homme de rigueur. Le pays a besoin de toutes ces qualités pour résoudre tous les problèmes qui l’assaillent. " Tous évoquent le choix d’un technocrate, rigoureux et qui devra prioritairement s’atteler au social du peuple congolais.
Pour donner de l’élan à sa nomination, notre ex-véloce argentier a utilisé une formule alambiquée à l’adresse des ces millions de pauvres congolais englués tout en bas sans autre espoir que la grâce de Dieu. En effet, dans sa première interview accordée à la RFI, le duc du Maniema a promis de se battre pour matérialiser la révolution de la modernité qui doit avoir des impacts positifs sur le social du pays : " Les actions de mon gouvernement seront basées sur « des valeurs cardinales ». « Le choix du président a été basé sur ces valeurs cardinales pour la fondation de la République ». Comment peut-on parler des valeurs cardinales dans un pays où la population n’a plus de repères possibles en vue de planifier son avenir ?
Pour mieux comprendre la personnalité de ce pontife du kabilisme, il faudrait connaitre l’homme et ses habitudes car en dessous de cette apparence trompeuse, se cache un affabulateur hautin.
Technocrate de l’oligarchie internationale.
"Le nouveau Premier ministre Augustin Matata Ponyo a la réputation d'être un technocrate peu partisan. Depuis sa nomination au gouvernement en 2010, il a d'ailleurs contribué à stabiliser le cadre macro-énonomique de la RDC et a obtenu en juillet 2010 une réduction de sa dette de 12,3 milliards de dollars, dans le cadre de l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Son arrivée à la tête de l'exécutif pourrait donc rassurer les bailleurs de la RDC qui y verront un choix de continuité et de stabilité après une séquence électorale pour le moins houleuse. " Voilà comment la communauté internationale présente ce responsable du gouvernement qui devrait, à coup sûr, travailler pour les intérêts des pays occidentaux et de ses proches au pouvoir à Kinshasa. C’est vraisemblablement le personnage qui correspond à la définition du technocrate par M. Henri Lefebvre : Homme politique ou haut fonctionnaire qui agit, décide en fonction de données techniques ou économiques en tenant peu compte du facteur humain.
Pour ceux qui l’ont côtoyé lorsqu’il était cadre à la Banque centrale du Congo (BCC) et directeur du Bureau central de Coordination (BCeCO), un organisme chargé de gérer les financements extérieurs consentis au pays, M. Matata a toujours été un personnage ambigu, cherchant à s’attirer la sympathie des de ses supérieurs à travers une attitude d’écrasement de ses subalternes. C’est le prototype d’exécutant fidèle des instructions des bailleurs de fonds sans se soucier des retombées néfastes sur le quotidien des populations congolaises. C’est le porte-plume, porte-coton, porte-parole, porte-voix, porte-fanion, porte-chéquier, porte-clés de la haute finance dont le degré de servilité l’a poussé à imiter, à mimer inconsciemment l’homme blanc. Complexé jusqu’à la moelle, ce techno-oligarque a pris le ton parisien en roulant maladroitement les « r r r » dans sa gorge et en prenant les attitudes d’un argentier capable de redresser le bateau congolais en chavirage. Et pourtant, l’homme n’a pas du tout l’orthodoxie des finances dans ses veines. Il sait jongler sournoisement avec les chiffres en bonifiant ses supérieurs de certaines faveurs : ce qui le rend technocrate aux yeux des bailleurs et du régime. Discret par nature et par la taille, il sait se faire respecter par le ton et se montre souvent intransigeant dans le travail à l’égard de ses subalternes. Voici comment on peut résumer son discours au peuple congolais : « Remuez-vous, bande de cloches! Au boulot! Si vous n’imitez pas les blancs comme Monsieur Tintin, vous allez continuer à végéter, tas de nuls! Ne compter pas sur moi pour vous sortir de la galère…»
L’homme aux réseaux multiples
Après la mort de M. Katumba Mwanke qui a su embrigader son président, l’Occident avait besoin d’un Kabila beaucoup plus libre et donc manipulable à souhait afin d’éviter que le sous-sol congolais ne soit exclusivement au service des économies des pays émergents comme la Chine et l’Inde. Il fallait trouver un relai efficace parmi les proches du président congolais, lequel doit se refaire une posture à l’international après des élections bâclées. M. Matata Ponyo semble réunir les qualités exigées pour ce job. D’après certaines sources, l’homme a bénéficié de deux atouts majeurs pour être nommé :
- il a des bonnes relations avec les milieux financiers Anglos saxons à travers son parrain, le gouverneur de la Banque Africaine de Développement (BAD) M. Donald Kaberuka. Suivez mon regard….
- il est en bonne intelligence avec certains services occidentaux : en terme vulgaire, c’est un collabo actif mais tapi dans l’ombre.
Avec une telle fiche, M. Matata Ponyo, le larbin à la cervelle en forme de classeur, saura comment jongler et harmoniser ses intérêts et ceux de ses protecteurs, dans un parfait assemblage qui fera de lui un super technocrate, un James Bond de la Finance.
A ce sujet voici comment ironisait Coluche : " Mon père, y voulait que j'fais des études, parce qu'y voulait que j'suis technocrate. Parce qu'y disait, technocrate, c'est une nouvelle race de feignant! Mon père y disait, technocrate, c'est des mecs que quand tu leurs poses une question, une fois ils ont fini de répondre, tu comprends plus la question que t'as posé. Mon père y disait, les technocrates, si on leurs donnerait le Sahara, dans 5 ans faudrait qu'ils achètent du sable ailleurs."
M. Jean Mulongo Mbuyu
1. 21/04/2012
Merci cher compatrie Jean Mulongo.
Tu as trouvé des mots justes pour décrire ce p'tit malin qui se prend pour une lumière en finances. Je l'ai personnement connu et je peux te rassurer que ton analyse n'est pas très loin de la personne. Les prochains jours seront sombres pour les RD Congolais.
Triste, tout cela...
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